Suite en jaune pour des raisins verts                                                                            suite
L'article de M. Coene, "la Fable des pitons jaunes", appelle plusieurs remarques :

- Note 1. Je n'ai pas l'honneur d'être l'ami de M. Coene.

- Note 2. Je ne vois pas pourquoi les lecteurs seraient troublés par les couleurs : "peindre en rouge les pitons de progression, peindre en jaune les pitons qui ne sont pas indispensables pour la progression"; qui donc verrait là une contradiction ?

Note 3. La lettre l "symbole de la verticalité triomphante" ? C'est discutable. L'interprétation de M. Robert Faurisson est plus convaincante ! ("A-t-on LU Rimbaud ?", Bizarre, 4° trimestre 1961)

Note 4. Si la difficulté d'un passage n'est pas augmentée, raison de plus pour ne pas employer de moyen artificiel ! M. Coene s'est embrouillé dans sa dialectique. Vive la logique !

Note 5. "La véritable prudence consiste à se tirer au piton", prétend M. Coene. Cet argument est valable dans le cas du piton utilisé comme prise de pied. Mais dans la majorité des cas (piton comme prise de main) comme au Zig-Zag, le choc subi par le piton est quasi nul. Et M. Coene choisit très mal ses exemples : si le premier piton de l'Asiatique a vu de nombreuses chutes, ce n'est pas à cause
des grimpeurs qui essayaient le passage en jaune, mais de ceux qui visaient le deuxième piton ! Pourquoi n'employaient-ils pas plutôt un étrier ? Quant au gollot de l'Enfant, le cas est similaire. Avec la différence que le passage est horriblement exposé : partant le pied droit sur le gollot, il faut s'élever de cinquante centimètres pour atteindre le piton suivant !
En tout cas, cette objection de M. Coene ne vaudrait éventuellement que pour une petite moitié des grimpeurs. Dans une cordée, il y a toujours un deuxième, parfois un troisième, etc. Enfin, comme l'a écrit un grimpeur en 1964 : "La pratique systématique de l'escalade, disons "jaune", doit immanquablement améliorer la technique de celui qui s'y livre et, finalement, posséder une bonne technique est la meilleure assurance qui soit." (article inédit de M.Coene intitulé "les Pitons Jaunes").

Noté 6. Le Zig-Zag en jaune comporte un court passage de V sup. Comme la cotation VI sup. n'existe pas en Belgique, je suppose que M. Coene a fait un lapsus.

Note 7. M. Coene estime trop pitonnées des voies comme le Pape, la Direttissima, le Pilastre, etc. Je souhaite qu'il emporte l'adhésion de la Commission des Voies pour "placer les pitons d'une manière telle qu'ils ne soient utilisables que pour l'assurance". Dans ce cas, il est étrange que M. Coene dénie toute valeur sportive à l'effort du grimpeur qui renonce à l'aide directe que pourrait lui
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